Dans le cadre de la lutte contre le cancer du col de l’utérus, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape en intégrant le numérique à ses campagnes de vaccination. Une série de formations a été organisée à l’intention des membres de la Direction de la Coordination de la Vaccination ainsi que des équipes cadres des dix districts sanitaires d’Abidjan : ABOBO_EST, ABOBO_OUEST, ANYAMA, YOPOUGON_EST, YOPOUGON_OUEST_SONGON, ADJAME_PLATEAU_ATTECOUBE, COCODY_BINGERVILLE, KOUMASSI, PORT_BOUET_VRIDI et TREICHVILLE_MARCORY. L’objectif : les outiller pour utiliser la plateforme mHealth, un système innovant destiné à optimiser le dénombrement et la vaccination des jeunes filles âgées de 9 à 18 ans contre le Papillomavirus Humain (HPV).

Le Papillomavirus Humain (HPV) figure parmi les infections sexuellement transmissibles les plus répandues dans le monde, avec un taux de transmission supérieur à 80 % chez les personnes sexuellement actives. Certaines de ses souches sont responsables de cancers graves : col de l’utérus, anus, pénis, oropharynx, vagin et vulve. Face à cette menace, la vaccination prophylactique représente un levier majeur de prévention. Elle constitue un axe stratégique de la feuille de route de l’OMS pour éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique. Selon les estimations, cette stratégie pourrait éviter 60 millions de cas de cancer et 45 millions de décès dans les décennies à venir.
Vacciner les filles avant l’entrée dans la vie sexuelle est une démarche essentielle pour prévenir l’infection à HPV. Cette approche préventive maximise l’efficacité du vaccin et contribue à réduire considérablement l’incidence des cancers associés, tout en soulageant les systèmes de santé. Elle protège non seulement la santé individuelle des jeunes femmes, mais participe aussi à une dynamique collective de réduction de la transmission du virus.
Depuis novembre 2019, la Côte d’Ivoire a intégré le vaccin contre le HPV dans son Programme Élargi de Vaccination (PEV), ciblant les filles de 9 à 14 ans. Ce choix stratégique illustre l’engagement du pays en faveur de la santé des jeunes générations et de la lutte contre les cancers liés au HPV.
Longtemps, les campagnes de vaccination ont été gérées via des supports papier, souvent synonymes de retards, d’erreurs et de difficultés à suivre les opérations en temps réel. La plateforme mHealth apporte une réponse concrète à ces défis. Elle propose une suite complète de modules interconnectés, qui assurent une gestion fluide, transparente et efficace des campagnes. Le module de microplanification opérationnelle permet d’évaluer les besoins en ressources humaines, logistiques et en doses vaccinales. Le module d’identification des populations cibles assure un dénombrement précis basé sur des données démographiques et épidémiologiques. Le module de suivi de l’administration des doses garantit la traçabilité de chaque acte vaccinal et le respect du calendrier. Le suivi en temps réel permet une visualisation instantanée des indicateurs clés et des activités sur le terrain. Le module de gestion des données et de reporting centralise les informations et génère des rapports dynamiques. Enfin, le module de paiement des agents facilite leur rémunération sécurisée et rapide via mobile money, stimulant leur engagement et leur efficacité sur le terrain.

Grâce à mHealth, les décideurs peuvent suivre la progression des campagnes en temps réel, ajuster les actions, réagir rapidement aux imprévus et optimiser l’utilisation des ressources. C’est un changement de paradigme qui permet d’aller plus vite, plus loin, avec plus de précision.
La formation des dix districts sanitaires d’Abidjan à l’utilisation de mHealth pour la vaccination contre le HPV marque une avancée majeure dans la digitalisation du système de santé ivoirien. En conjuguant les bénéfices de la vaccination préventive avec les atouts du numérique, la Côte d’Ivoire se positionne en acteur innovant et engagé pour la protection de sa jeunesse. Ce modèle pourrait inspirer d’autres pays de la région à intégrer les outils numériques dans leurs stratégies de santé publique, et ainsi accélérer l’atteinte des objectifs de lutte contre le cancer du col de l’utérus.